Démission et chômage : dans quels cas a-t-on droit à l'ARE ?
En principe, la démission ne donne pas droit au chômage (ARE). Mais il existe 3 exceptions importantes : les motifs légitimes reconnus par France Travail, la démission-reconversion après 5 ans d'ancienneté avec un projet validé, et un réexamen possible après 4 mois de chômage non indemnisé si vous cherchez activement du travail.
Vérifié le 4 mai 2026 · Version 1.0
Les motifs légitimes reconnus par France Travail
France Travail reconnaît une liste de motifs légitimes permettant de bénéficier de l'ARE après démission (Art. L5422-1, Code du travail) :
- Suivi du conjoint (mariage, PACS, concubinage) qui change de résidence pour raisons professionnelles
- Mariage ou PACS entraînant un changement de domicile rendant le trajet excessif
- Démission pour rejoindre un enfant établi hors de sa résidence
- Non-paiement du salaire par l'employeur (constaté par un jugement prud'homal)
- Harcèlement moral ou sexuel établi (plainte déposée)
- Création ou reprise d'entreprise n'ayant pas abouti dans les 3 mois
- Retour à l'emploi après licenciement suivi d'une démission dans les 91 jours si le nouveau poste est abandonné
- Formation professionnelle inscrite dans le projet personnalisé d'accès à l'emploi
La démission-reconversion (après 5 ans d'ancienneté)
Depuis le 1er novembre 2019, les salariés justifiant d'au moins 5 ans d'ancienneté continue (tous employeurs confondus) peuvent démissionner pour réaliser un projet de reconversion et bénéficier de l'ARE, à condition de :
- Faire valider leur projet AVANT la démission par un Conseil en évolution professionnelle (CEP). Les CEP sont gratuits et accessibles via Mon CEP (mon-cep.org)
- Avoir un projet de reconversion vers un métier porteur (liste définie localement) OU un projet de création/reprise d'entreprise
- Ne pas avoir bénéficié de ce dispositif dans les 5 ans précédents
Sans validation préalable du CEP, les droits ne sont pas ouverts. La validation prend 2 à 3 mois — anticipez.
Le réexamen après 4 mois de chômage
Si vous avez démissionné sans motif légitime et que vous n'avez pas retrouvé d'emploi au bout de 4 mois, vous pouvez demander un réexamen à France Travail. Pour en bénéficier, vous devez prouver des efforts actifs de recherche d'emploi (candidatures, entretiens, formations). France Travail apprécie souverainement.
Alternatives à la démission qui préservent l'ARE
Si votre situation vous pousse à quitter votre emploi, ces options ouvrent toutes droit à l'ARE :
- Rupture conventionnelle — accord mutuel avec l'employeur, droits chômage conservés + indemnité. Voir notre fiche rupture conventionnelle
- Prise d'acte de rupture — si l'employeur manque gravement à ses obligations (harcèlement, non-paiement…). Vous saisissez les prud'hommes qui qualifient la rupture en licenciement sans cause réelle et sérieuse → ARE ouverte
- Résiliation judiciaire du contrat — vous restez en poste tout en saisissant les prud'hommes. Si le juge résilie le contrat, vous touchez les indemnités de licenciement + ARE