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Auto-entrepreneur : comment déclarer et payer ses impôts ?

L'auto-entrepreneur déclare son chiffre d'affaires chaque mois ou trimestre sur autoentrepreneur.urssaf.fr et paie l'impôt sur le revenu via le versement libératoire (optionnel, taux fixe appliqué au CA) ou la déclaration annuelle classique avec abattement forfaitaire. La TVA n'est pas due tant que vous restez sous les seuils de franchise (Art. 293 B CGI).

Vérifié le 4 mai 2026 · Version 1.0 · Prochaine vérification : novembre 2026

Les 2 régimes d'imposition à l'IR

En tant qu'auto-entrepreneur (micro-entrepreneur), vous relevez du régime micro-fiscal. Deux options s'offrent à vous pour l'impôt sur le revenu :

Option 1 — Le versement libératoire de l'IR (Art. 151-0 CGI) : vous payez l'impôt en même temps que vos cotisations sociales, à chaque déclaration de CA. Le taux est fixe et appliqué directement sur le chiffre d'affaires brut. C'est simple et prévisible, mais potentiellement désavantageux si vous avez peu d'autres revenus (vous perdez le bénéfice du barème progressif et des parts de quotient familial).

Option 2 — L'IR classique avec abattement forfaitaire : votre CA est intégré dans votre déclaration annuelle de revenus (formulaire 2042-C-PRO). L'administration applique un abattement représentatif des charges, puis le bénéfice net est soumis au barème progressif de l'IR. Cette option est souvent plus avantageuse si votre revenu global est modeste ou si vous avez des parts supplémentaires (enfants à charge, etc.).

Taux du versement libératoire

Type d'activitéTaux versement libératoireAbattement IR classique
Vente de marchandises (BIC)1 %71 %
Prestations de services BIC (artisan, commerçant)1,7 %50 %
Prestations de services BNC (professions libérales)2,2 %34 %
Comment choisir ? Si votre taux marginal d'imposition est de 11 % ou plus et que votre CA est élevé, le versement libératoire est souvent avantageux. Si vous débutez avec peu de revenus, l'IR classique l'est généralement davantage car l'abattement forfaitaire réduit la base imposable et le barème progressif peut vous amener à payer peu ou pas d'impôt.

Comment déclarer votre chiffre d'affaires

La déclaration se fait exclusivement en ligne sur autoentrepreneur.urssaf.fr (ou via l'application mobile de l'URSSAF). Vous choisissez au moment de la création de votre activité entre la périodicité mensuelle ou trimestrielle.

Délai de déclaration trimestrielle : avant la fin du mois qui suit le trimestre civil écoulé. Exemple : le CA du 1er trimestre (janvier-mars) doit être déclaré avant le 30 avril.

Délai de déclaration mensuelle : avant la fin du mois suivant le mois déclaré. Exemple : le CA de mars avant le 30 avril.

Seuils de chiffre d'affaires 2026

Pour rester sous le régime de la micro-entreprise, votre CA ne doit pas dépasser ces seuils (Art. 50-0 CGI) :

Au-delà de ces seuils pendant deux années consécutives, vous basculez automatiquement vers le régime réel d'imposition l'année suivante.

La TVA et la franchise en base

Tant que vous restez sous les seuils de CA, vous bénéficiez de la franchise en base de TVA (Art. 293 B CGI) : vous ne facturez pas de TVA à vos clients et vous ne la récupérez pas sur vos achats. Vos factures doivent obligatoirement mentionner :

"TVA non applicable — art. 293 B du CGI"

Des seuils de tolérance existent : si vous dépassez légèrement les seuils principaux mais restez sous les seuils majorés (236 000 € pour la vente, 94 300 € pour les services), vous restez en franchise l'année du dépassement mais perdez le bénéfice de la franchise à compter du 1er janvier de l'année suivante.

La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

La CFE est due par tous les auto-entrepreneurs à partir de la 2e année d'activité. Son montant est fixé par la commune où vous exercez votre activité principale et varie généralement entre 200 € et 2 000 € selon la valeur locative de vos locaux et votre commune.

Exonération la première année d'activité : aucun CFE n'est dû pour l'année de création. Une exonération permanente s'applique si votre CA annuel est inférieur à 5 000 €.

Quand consulter un avocat ou un expert-comptable ?

Tondroit.fr vous fournit une information juridique générale. Faites appel à un professionnel (expert-comptable, avocat fiscaliste) si vous hésitez entre le versement libératoire et l'IR classique avec des revenus multiples, si votre CA approche les seuils de la micro-entreprise, ou si vous envisagez de changer de statut (EURL, SASU).

Sources officielles