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Hérite-t-on des dettes de ses parents ?

Pas automatiquement. À l'ouverture de la succession, chaque héritier dispose d'un droit d'option : accepter purement (hériter dettes et actifs), accepter à concurrence de l'actif net (protège du passif) ou renoncer. Délai de 4 mois pour décider, puis 10 ans pour agir. Art. 768 et suiv., Code civil.

Vérifié le 19 avril 2026 · Version 1.0 · Prochaine vérification : juillet 2026

Ce que dit la loi

Les articles 768 à 811-3 du Code civil organisent l'option successorale. À l'ouverture de la succession (au décès), chaque héritier dispose d'un délai pour choisir comment il souhaite recueillir la succession — ou s'il y renonce.

Ce droit d'option est personnel à chaque héritier. Un frère peut renoncer tandis qu'une sœur accepte. La décision d'un cohéritier n'engage pas les autres.

Vos trois options

Option 1 — Acceptation pure et simple

Vous héritez de tous les actifs (biens, épargne) mais aussi de toutes les dettes, y compris sur votre propre patrimoine si les dettes sont supérieures aux actifs. À éviter si vous suspectez une succession lourdement endettée.

Option 2 — Acceptation à concurrence de l'actif net (AAN)

Votre responsabilité est limitée aux actifs de la succession. Votre patrimoine personnel est protégé. Vous devez établir un inventaire des biens et dettes dans un délai de 2 mois. Déclaration au greffe du tribunal judiciaire.

Option 3 — Renonciation

Vous ne recevez rien et n'assumez aucune dette. Vous êtes réputé n'avoir jamais été héritier. La renonciation est formelle : déclaration au greffe du tribunal judiciaire (formulaire Cerfa, gratuit).

Dans votre situation concrète

Cas 1 : Vous suspectez que les dettes dépassent les actifs. L'acceptation à concurrence de l'actif net (AAN) ou la renonciation s'imposent. Ne commencez pas à régler les dettes du défunt (même des funérailles si vous le pouvez autrement) avant d'avoir choisi votre option, car certains actes valent acceptation tacite.

Cas 2 : Vous avez accepté purement et simplement par inadvertance. L'acceptation est possible par certains actes (vente d'un bien de la succession, paiement de dettes avec les fonds personnels…). Si vous pensez avoir commis une erreur, consultez rapidement un notaire : dans certains cas d'acceptation sous contrainte ou d'erreur sur l'existence de dettes, une révocation est possible (Art. 786 Code civil).

Piège à éviter : Payer les dettes du défunt avec votre argent personnel AVANT d'avoir exercé votre option successorale peut valoir acceptation pure et simple de la succession. Attendez d'avoir exercé votre option.

Les délais à respecter

Quand consulter un avocat ?

Tondroit.fr vous informe sur vos droits. Seul un avocat peut vous conseiller sur votre situation spécifique. Consultez impérativement un notaire ou un avocat spécialisé en droit des successions si : vous suspectez des dettes importantes ou cachées, si la succession est complexe (immobilier, entreprise), ou si un conflit entre héritiers est prévisible.

Sources officielles